L'histoire de ce théâtre hors normes
4) La naissance du Sam Wanamaker Playhouse (2014)

Sam Wanamaker devant la maquette de sa vision du projet «Shakespeare Globe».
On voit déjà au fond, sous son bras à gauche, ce qui est maintenant
le Sam Wanamaker Playhouse.

L’histoire architecturale de la Sam Wanamaker Playhouse a été longue et difficile. Elle mériterait d’ailleurs peut-être d’être montée à la scène…

Lorsque Sam Wanamaker a commencé à imaginer reconstruire le Shakespeare Globe Theatre en 1970, il avait déjà décidé qu’un théâtre intérieur ferait partie intégrante de ses plans, afin que le lieu puisse présenter des œuvres au cours de l’hiver mais aussi, et surtout, pour que tous les aspects de l’art dramatique de l’époque de Shakespeare puissent être explorés et présentés au grand public.

Le théâtre qui a été construit après des années d'interrogation est une pure merveille. Une merveille architeturale mais aussi et surtout un outil théâtral hors du commun.

XVI ème

Blackfriars
Le réfectoire de la Cathédrale de Chester, de forme semblable à celui de Blackfriars à Londres

Dès le début du projet, la question architecturale a été le centre des interrogations. En effet, le théâtre original «d’hiver» où jouait la troupe des comédiens du Globe se situait de l’autre côté de la Tamise, à Blackfriars, dans le réfectoire de l’ancien monastère dominicain qui avait donné son nom au quartier. Ce fut l’une des plus grandes salles médiévales à Londres et avait été utilisée auparavant pour les réunions du Parlement et d’autres affaires de l’État, dont le tristement célèbre procès du divorce de Henri VIII et de Catherine d’Aragon. Il avait une forme semblable au réfectoire, qui lui existe encore, de la cathédrale de Chester. Le monastère est finalement fermé lors de la dissolution des monastères en 1538, sous le règne de Henri VIII, et le réfectoire est transformé en salle de théâtre destinée aux représentations devant le Roi, mais en pratique, elle a majoritairement accueilli des spectateurs payant leurs places.

En 1596, la salle a été rachetée par l’impresario et directeur des Lord Chamberlain’s Men (la troupe de Shakespeare), Richard Burbage. Burbage a arraché des cloisons internes et construisit une salle de spectacle en forme de U, avec deux galeries entourant la fosse assise et la scène. Et pourtant, Burbage n’a jamais vu sa troupe jouer dans son nouveau théâtre. Les habitants de Blackfriars (alors un riche quartier résidentiel) ont persuadé le Conseil Privé (organe consultatif du roi) d’interdire à la compagnie de jouer sur le site et Burbage a été obligé de louer le théâtre à Henry Evans pour y faire jouer sa troupe d’enfants, ce qui gênait beaucoup moins le voisinage. Mais très vite, Burgrave a contourné l’interdiction du Conseil Privé en y présentant petit à petit à nouveau des divertissements pour le grand public. Durant cette période, le théâtre a présenté des spectacles de Ben Jonson, Thomas Middleton et George Chapman. Mais aussi des innovations de la pratique théâtrale dont l’utilisation de la lumière artificielle et l’introduction de la musique comme élément central du drame jacobéen. La première de Knight of the Burning Pestle s’est jouée au Blackfriars en 1607.

Un détail de «Long View» de Wenceslas Hollar de Londres (1647) mettant en évidence le deuxième Globe Theatre
et le toit du Blackfriars Theatre de l’autre côté de la Tamise.

XVII ème

Blackfriars

La troupe de Burbage comprenant toujours Shakespeare et maintenant prénommée The King’s Men, a seulement pris possession définitive du bâtiment en 1608. Elle est alors dirigée par le fils de Burbage. Le théâtre a continué à être à l’avant-garde de l’innovation théâtrale jusqu'à sa fermeture pendant la guerre civile en 1642. Et il a été démoli sous Cromwell en 1655. Rappelons qu’à cette époque le théâtre était interdit. Cette démolition est la difficulté majeure du projet de Wanamaker.

2000

Premières pistes

Alors qu’il y avait de nombreuses descriptions écrites du bâtiment et plusieurs indices quant à sa taille, aucune trace picturale n’existait et donc rien qui puisse concrètement témoigner d’à quoi il ressemblait réellement. Plusieurs réflexions ont été menées sur la base de ces indications écrites et une reconstruction complète du bâtiment a été tentée par l’architecte Tom McLaughlin à Staunton (Virginie) en 2000. Mais personne ne pouvait certifier que l’on respectait la réalité historique. La difficulté était basique: les universitaires ne pouvaient même pas certifier si le théâtre était rectangulaire (sous la forme des salles à la Cour, comme la Whitehall Banqueting House) ou en forme de U. Wanamaker et son architecte, le sud-africain Theo Crosby, souhaitaient une authenticité éprouvée. et un évitement du pastiche « Semble ». Ainsi, ils ont été contraints de chercher ailleurs un plan qui pourrait résister à un examen universitaire.

Reconstruction hypothétique
du Blackfriar’s Theatre
Reconstruction du Blackfriar’s Theatre à Staunton,
en Virginie, par Tom McLaughlin, 2000-2001

1960

Deux dessins

En 1960, deux dessins avaient été découverts pliés dans un livre de la bibliothèque du Worcester College à Oxford, reprenant des plans pour un théâtre intérieur. Ils ont été immédiatement été imputés à Inigo Jones (1573-1662). Après sa mort, la collection de dessins et plans de Jones avait été transmise à son protégé, John Webb (1611-1672). À sa mort, Webb a légué sa bibliothèque de dessins architecturaux à son fils William avec pour instruction de «les conserver ensemble, sans en vendre ou céder aucun d'entre eux». Cette volonté n’a pas été respectée et, à sa succession, une grande partie a été achetée par le 3ème Comte de Burlington (restant en la possession de ses descendants, les ducs de Devonshire) alors qu’une petite collection fut léguée par le Dr George Clarke au Worcester College en 1736. On pensait que les dessins récemment découverts faisaient partie de ce legs et étaient de la main de Jones lui-même.

Plan d’une salle intérieure découvert
au Worcester College d’Oxford en 1960
Coupe transversale d’une salle intérieure découverte
au Worcester College d’Oxford en 1960

XVII ème

Inigo Jones
Le Cockpit-in-Court tel qu’imaginé
par Inigo Jones en 1617

L’importance de cette découverte ne devait cependant pas être exagérée. En 1917, William Grant Keith écrivait très clairement que: «Bien que le théâtre occupe un rôle très important dans la vie d’Inigo Jones... notre connaissance de son travail d’architecte se limite à des scénographies (décors) et nous n’avons aucune preuve qu’Inigo Jones ait jamais construit un théâtre d’importance».

Les seules traces que l’on ait d’architecture théâtrale signée Jones est la reconstruction du Cockpit-in-Court pour Charles I en 1617 et son travail sur les «anatomy theatres» (édifice spécialisé où l'on procédait à des dissections anatomiques en public). Construit à l’origine comme un lieu de loisir par Henri VIII en 1529 et fréquemment utilisé pour la présentation de mascarades en plus de son utilisation pour les combats de coq et autres activités sportives, le Cockpit-in-Court a été détruit par un incendie tôt en 1617. Charles I décida de le reconstruire et d’en faire un de ses théâtres privés. Il existe des plans de la main de Jones montrant une scène surélevée entourée de loges avec des bancs et une fosse avec des sièges.

Modèle du Cockpit-in-Court comme remodélisé par Inigo Jones

Christian Billing, dans son étude de l’anatomie des théâtres londoniens de la période jacobéenne, a affirmé qu’il existe un lien étroit entre l’appétit du public pour assister à des dissections humaines comme le proposaient les théâtres de l’anatomie et l’architecture des théâtres construits à la même époque. «La demande d’une élite éduquée et littéraire d’assister régulièrement à des autopsies, ce qu’ils considéraient comme un divertissement, était énorme», argumentait-il, «et c’est précisément ces membres de ces nouvelles classes intellectuelles qui constituaient de plus en plus le public les théâtres d’intérieur de Londres ».

Cette analyse a fait des plans de Jones pour une salle de chirurgie de 1636 un indicateur précoce que les dessins trouvés au Worcester College étaient aussi de Jones lui-même. Il voit des parallèles étroits entre la conception du Cockpit-in-Court et les «anatomy theatres».

Plans du Barber Surgeon’s Hall par Inigo Jones, 1636.
Coupe du Barber Surgeon’s Hall par Inigo Jones, 1636

Un des facteurs principaux ayant influencé la construction des théâtres du début du XVIIème siècle étaient les restrictions appliquées aux nouveaux bâtiments. La législation jacobéenne en ce domaine comportait deux volets principaux: contrôler la surpopulation en quasiment interdisant la construction de nouveaux bâtiments et réduire les risques d’incendie en autorisant seulement la pierre et la brique. En pratique, cela a limité sévèrement la construction de nouveaux bâtiments suffisamment grands pour accueillir un théâtre et, à moins que l’on puisse prouver une nécessité de divertissement public, les possibilités de construire un nouveau théâtre était très limité. La législation permettait toutefois l’extension des bâtiments existants par un tiers et ceci, selon Billing, est ce qui a rendu si importante l’architecture typique des Cockpits.

Le directeur de l’époque de la troupe du Roi (King’s Men) et de celle du Lord Chamberlain’s (Lord Chamberlain’s Men), Christopher Beeston, a loué des terres à Drury Lane en 1616, sur lesquelles se trouvait le Cockpit de John Best. Il avait l’intention de construire un nouveau théâtre pour compléter Blackfriars dans ce quartier nouvellement à la mode. Beeston ne pouvait simplement démolir le Cockpit de Best et construire un théâtre plus grand, rectangulaire, spécialement conçu pour ce site attrayant, car la loi l’interdisait. Billing affirme que Beeston a simplement conservé la forme du circulaire du Cockpit de John Best et y a rajouté une extension carrée permettant de rajouter d’autres sièges, créant une salle de spectacle en forme de U.

Cet argument reposait sur quelques constatations assez simples: les dimensions internes de la partie ronde correspondaient à celles d’un Cockpit; la largeur de l’espace entre les parois verticales du fond de scène correspond celle de l’arche d’avant-scène de l’opéra de Sir William Davenant The Siege of Rhodes, transféré au Drury Lane Cockpit fin 1657; et la forme carrée de l’ouverture de la fin de l’étape correspondait avec les proportions carrées d’esquisses qu’Inigo Jones à lui-même annotées «pour le Cokpitt pour LD. Chambralin / 1639». Cette preuve et l’avis, faisant autorité, de John Harris datant ces dessins de 1616-1618, ont poussé Wanamaker et Crosby à croire qu’ils avaient trouvé l’archétype parfait de la salle de théâtre intérieure du site de Globe datant de la première partie du XVIIème siècle et qui contenait beaucoup d’éléments architectes connus pour avoir été présent dans le théâtre des Blackfriars, son supposé établissement-sœur.

L'extérieur de l'Inigo Jones Theatre construit en 1997

1997

Le Globe ouvre

Ainsi, les plans pour le nouveau Globe comprenaient ce qui était considéré comme le «théâtre de Inigo Jones», une petite construction en briques de Theo Crosby inspirée par les dessins de Worcester attribués à Jones (les bossages vermiculés autour de la porte, les contreforts et les fenêtres supérieures sont directement copiés à partir des dessins). Quand le Globe a ouvert en 1997, la structure extérieure en briques a été construite mais l’intérieur en est resté vide, occupé temporairement pour des actions pédagogiques ou des bureaux, jusqu'à ce que les fonds nécessaires aient pu être trouvés pour construire l’intérieur.

2005

Gordon Higgott

Mais alors que l’on pensait pouvoir construire ce théâtre intérieur en 2009, une «catastrophe» a tout changé. Dans une conférence donnée au Globe le 13 février 2005, Gordon Higgott, un éminent spécialiste des dessins de Worcester College, a présenté des preuves solides pour démontrer que les dessins de Worcester étaient en fait l’œuvre d’un protégé de Jones, John Webb et ne dataient pas de 1616-1618, mais plutôt d’après la restauration, en 1660. Le titre de la conférence de Gordon Higgott est plus qu’explicite: «Réévaluer les dessins pour le théâtre d’Inigo Jones: un projet de restauration de John Webb?».

Il a démontré que les dessins étaient en fait très proches de ceux de la Brew House au Worcester College qui n’étaient pas de Jones et qui étaient datés de 1638. «Les dessins du théâtre du Worcester College sont très similaires.», a-t-il affirmé, «dans leur technique d’ombrage et dans le style de dessin. L’ombrage du toit est identique, et le cartouche au-dessus de la porte centrale du mur de scène (frons scænæ) est dessiné exactement de la même manière. Les dessins doivent avoir été réalisés par Webb, pas par Jones. Un détail qui confirme la paternité de Webb est le traitement des statues dans les niches. Elles sont trop esquissées pour être de Jones». Il a fait valoir que les dessins correspondaient plus réellement au travail de Webb après 1640, mais que : «Il est peu probable que les dessins datent des années après la fermeture des théâtres de Londres en 1648. Nous devons donc considérer qu’ils datent de peu avant ou de peu après la Restauration en 1660, quand Webb sollicitait auprès de Charles II le poste d’Inspecteur des Travaux du Roi et alors que Davenant ... cherchait dans l’urgence à établir sa propre compagnie de théâtre et donc devait construire une nouvelle salle de spectacle pour y présenter ses pièces de théâtre et les très modernes drames qu’il avait présentés à la Rutland House.»

Se basant sur ces preuves, il datait les dessins – plus «non identifiés» que jamais – du théâtre intérieur du début de la période de restauration, en 1660.

2009

Claire van Kampen
et Karim Cooper

Ce premier avis dissonant a été suivi par une accablante conférence donnée en 2009 par Claire van Kampen et Karim Cooper, The Principles of Authenticity (Les principes de l’authenticité), qui a fait valoir que le plan initial du Théâtre Inigo Jones était en profonde contradiction avec la philosophie d’authenticité du Globe et de les buts de Wanamaker en voulant recréer tant le Globe que ce théâtre intérieur.

Dans un premier temps, il a été estimé que le Théâtre Inigo Jones devrait être démoli et qu’un nouveau hall de théâtre devait être construit à sa place, selon le plan de salles médiévales encore existantes comme Middle Temple. En procédant ainsi, on devait avoir une approximation plus proche de Blackfriars. En fin de compte, ce plan s’est avéré trop cher et il a donc été décidé d’utiliser les dessins de Worcester comme base pour un nouveau théâtre qui incorporerait un amalgame de différentes caractéristiques jacobéennes. Il ne s’agirait donc plus de reproduire un théâtre historique particulier – comme cela a été le cas pour le Globe – mais de plutôt construire un archétype. Quand l’architecte du théâtre, Jon Greenfield, a examiné les plans de Worcester College, il a d’ailleurs estimé qu’ils ne pouvaient être les plans pour la construction d’un théâtre en particulier, mais plutôt des schémas théoriques. De nombreux aspects ne sont pas cohérents et certaines fonctionnalités apparaissent dans un dessin et pas dans l’autre. Il a théorisé que ces dessins étaient plutôt des schéma établis par Webb dans les premiers mois de la Restauration et qu’ils étaient un mixte de plans enracinés dans la génération précédente et de décorations de l’époque de la Restauration. Blackfriars, a-t-il argumenté, selon toute probabilité, est profondément présent dans ces plans et ses éléments essentiels ont été retenus.

2013

Construction

Après de vastes recherches au sujet des théâtres du XVIIème siècle, les travaux commencèrent en 2013. À la demande de l’un des principaux mécènes financiers du projet, son nom a été changé en Sam Wanamaker Playhouse en l’honneur de l’homme qui avait inspiré le projet et a si longtemps lutté pour sa réalisation.

La coquille vide du Théâtre Inigo Jones, diplomatiquement rebaptisé «Théâtre intérieur jacobéen» en 2012

Les nouveaux plans ont incorporé deux balcons en chêne soutenus par de fines colonnes en chêne vert. Le travail s’est inspiré de grandes maisons de l’époque, en particulier le château de Chilham dans le Kent avec ses balcons élaborés. Les colonnes de la Sam Wanamaker Playhouse, doriques dans le balcon inférieur et ionique dans le balcon supérieur, sont basées sur celles de Clilham et, comme l’a voulu l’architecte, ne reflètent pas d’une stricte proportion classique mais plutôt «cette vraie inexactitude» qui identifie le style jacobéen.

L’escalier du Château Chilham, Kent
sur lequel sont basé les balcons
Un chapiteau ionique basé sur ceux du Château Chilham, Kent
Dessins pour les balcons

Tout porte à croire que les peintures décoratives dans les théâtres se limitaient à cette période au mur de scène (Scenae frons) et le plafond. Il a donc été décidé de ne peindre que ceux-ci au Sam Wanamaker Playhouse, le scenae frons dans des tons noirs et dorés et le plafond avec une représentation théâtrale dorée de Luna entourée d’angelots et de planètes dans le ciel. Ce dernier était basé sur un plafond Renaissance de la Cullen House à Moray, en Écosse, et qui a été détruit par un incendie en 1986.

Dessins pour le mur de scène

Le public est assis sur les trois côtés d’une avant-scène avec le balcon des musiciens situé au-dessus et en arrière du mur de scène.

Le plafond du Sam Wanamaker Playhouse
Plafond peint de la Maison Cullen (XVIème siècle)

Dans le Pit (la fosse), le public est assis face à face à angle droit par rapport à la scène au premier rang comme indiqué dans les plans de nombreux théâtres jacobéens. La plupart de la construction en chêne a été réalisée hors site avec les balcons étant construits en sections et ensuite montés et assemblés à l’intérieur du théâtre.

Plan de l'intérieur du Sam Wanamaker Playhouse (2014)
Les balcons sont construits à l'extérieur puis assemblés

2014

Ouverture

Le théâtre a été achevé et a ouvert au début de 2014. Sa caractéristique principale est la très grande proximité des artistes et du public. Mais aussi l’absence de cintres (système qui permettent de suspendre des décors au-dessus de la scène) et de coulisses, ce qui exige le public à vivre une scène uniquement par ses mots et quelques accessoires. Sans décor donc.

Voilà pour l’histoire de la construction de ce bâtiment très spécial. Qu’en est-il de l’expérience concrète du lieu théâtral? Pour la plupart des observateurs qui ont suivi sa naissance, le résultat est au-delà des espoirs. Beaucoup ont dans le passé critiqué l’approche adoptée pour le nouveau hall d’entrée. En effet, les plans pour le site du Globe prévoyaient une série de bâtiments construits dans des styles variés et inspirés par des périodes différentes, créant ainsi l’illusion que le monde original avait survécu et étaient aujourd’hui entouré de bâtiments qui avaient été élaborés et bâti pendant plus de 500 ans.

La nouvelle entrée de 2014 reliant le Globe au Sam Wanamaker Playhouse

Il est vrai que le minimalisme dans le Sam Wanamaker Playhouse est omniprésent et total. Le visiteur entrant dans le bâtiment d’accueil, pénètre dans un lieu familier et agréable avant de plonger dans un monde sobre et sombre, éclairé à la seule bougie. La volonté de Sam Wanamaker de passage d’une époque à une autre en franchissant simplement les quelques mètres séparant le hall d’accueil du Sam Wanamaker Playhouse.

L’expérience d’entrer dans le théâtre est écrasante. L’espace est à la fois étonnant, magnifique et troublant. Avant le début du spectacle, la disposition même du théâtre permet aux futurs spectateurs de s’observer, de ressentir qu’ils vont partager une expérience commune. Mais c’est sans doute l’éclairage de ce théâtre qui est l’un de ses aspects les plus séduisants. Le théâtre est entièrement éclairé par des bougies en cire d’abeille placées dans des lustres suspendus au plafond de la salle et sur les appliques-miroir sur ses murs. L’effet de la bougie chaude reflétée sur le bois, la peinture et les dorures est étonnant, un peut comme si l’on se trouvait dans une Église Baroque. Mais comme les comédiens ajustent eux-mêmes cet éclairage – en allumant et éteignant des bougies ou en modifiant la hauteur des lustres – le voile entre réalité et illusion est encore repoussé.

C’est cette étrange interaction entre authenticité et illusion, entre réel et irréel qui se trouve au cœur de la réussite totale de ce bâtiment.