Il s’agit de la première collaboration de Gilbert et Sullivan et a été conçue comme un divertissement de Noël pour le Gaiety Theatre de John Hollingshead où s'est déroulé la première représentation, le 26 décembre 1871, et a connu 63 représentations. Bien qu'il ait souvent été décrit comme un échec, il a accueilli plus de spectateurs que les autres spectacles de Noël cette saison-là.

Généralités: Histoire, thèmes et particularités

Résumé

Les dieux de l'Olympe sont vieux et fatigués et décident de quitter le Mont Olympe et de prendre des vacances. Pendant ce temps, une troupe d'acteurs itinérants prennent leur place.

Synopsis complet

 

Historique du musical

Génèse du musical

L’imprésario et auteur John Hollingshead, le gestionnaire du Gaiety Theatre de Londres depuis 1868, avaient produit avec succès un certain nombre de burlesques et d’opérettes. Hollingshead se targuait d’avoir «gardé allumée la lampe sacrée du burlesque».

Gilbert et Sullivan connaissaient chacun le Gaiety et ses artistes. L’œuvre de Gilbert, Robert the Devil (une parodie de l'opéra Robert le Diable) avait été jouée lors de l’ouverture du théâtre le 21 décembre 1868, avec Nellie Favre dans le rôle-titre et a tenu l’affiche pendant plus de 100 soirs. Constance Loseby et Annie Tremaine (qui auront toutes deux des rôles dans Thespis) étaient également dans le casting de Robert the Devil, et Arthur Sullivan était lui dans le public de cette prestigieuse soirée d'ouverture comme l'un des invités de Hollingshead. Cela fut un grand succès, «reçu par une tempête d'applaudissements». Avec moins de succès, Gilbert avait également écrit une pièce de théâtre en 1869, An Old Score. Hollingshead dira plus tard que la pièce était «trop vraie que nature». Fin septembre ou début octobre 1871, les programmes du Gaiety Theatre annoncèrent que «The Christmas Operatic Extravaganza serait écrite par Gilbert, avec une musique originale par Arthur Sullivan». Il y aurait un rôle majeur pour le comédien populaire »J. L. Toole, ainsi que pour Farren, star du burlesque.

Quand et comment le duo Gilbert et Sullivan en est venu à collaborer sur Thespis est incertain. Gilbert était un choix logique. Il avait créé sept opéras et pièces cette année-là sans parler d’une douzaine de burlesques, farces et extravaganzas, il était bien connu dans le monde théâtral de Londres comme un important auteur dramatique comique. Sullivan, lui à cette époque, était principalement connu pour sa musique sérieuse. Cette année-là, il avait composé la cantate On Shore and Sea, des musiques de scène pour The Merchant of Venice de Shakespeare et de nombreux hymnes, dont Onward, Christian Soldiers. Il n'avait que deux opéras-comiques à son crédit, Cox et Box (1866) et The Contrabandista (1867), mais ce dernier datait déjà de plus de quatre ans et avait été un échec. En septembre 1871, Sullivan avait été engagé comme chef d’orchestre au The Royal National Opera, mais ce fut une catastrophe et il se retrouvait sans emploi. L'offre de Hollingshead d'un rôle à son frère, Fred Sullivan, l’a sans doute encouragé à composer la musique de Thespis.

Cette production a suscité beaucoup d'intérêt et de spéculation. Ironiquement, la première représentation du modeste Thespis, première collaboration de Gilbert et Sullivan, sera jouée devant une audience bien plus grande que lors des premières londoniennes des 13 autres œuvres qui allaient suivre, car le Gaiety Theatre était le plus grand des cinq théâtres de Londres dans lequel le duo allait travailler.


Composition

Gilbert avait un automne occupé. Sa pièce On Guard avait ouvert le 28 octobre 1871 au Court Theatre, mais fut un échec. Sa pièce la plus réussie à ce jour, Pygmalion and Galatea, a ouvert le 9 décembre, quelques jours seulement avant que les répétitions de Thespis commencent. Sullivan avait lui plus de temps libre après avoir composé la musique de scène de pour une production de Manchester de The Merchant of Venice et qui fut créé le 9 septembre.

Gilbert et Sullivan ont souvent rappelé que Thespis avait été écrit à la hâte. Sullivan a rappelé simplement que: «La musique et le livret ont été écrit très rapidement». Dans son autobiographie de 1883, Gilbert a écrit:

Peu de temps après la production de Pygmalion et Galatea, j’ai écrit mon premier de nombreux livrets d’opéra, en collaboration avec Monsieur Arthur Sullivan. Il s'agissait de Thespis, or The Gods Grown Old. Il a été écrit en moins de trois semaines et joué au Gaiety Theatre après une semaine de répétition. Il s'est joué 80 soirs, mais c’était une œuvre brute et inefficace, comme on pouvait s’y attendre, compte tenu des circonstances de composition rapide.

Intérieur du Gaiety en 1869

En 1902, les souvenirs de Gilbert modifient la durée de création à cinq semaines:

Je peux affirmer que Thespis n'a en aucune façon été un échec même si il n’a pas eu un succès considérable. Selon moi, il s'est joué environ 70 soirs — une belle série à cette époque. L'oeuvre a été produite sous les stress d'une grosse contrainte de délai. Il a été imaginé, écrit, composé, répété et produit en cinq semaines.

Estimation de cinq semaines de Gilbert est en contradiction avec d’autres faits apparemment incontestables. Le neveu de Sullivan, Herbert Sullivan, a écrit que le livret existait déjà avant que son oncle s’implique dans le projet: «Gilbert a montré à Hollingshead le livret d’un opéra féerique, Thespis et Hollingshead l'a immédiatement envoyé à Sullivan pour qu'il compose.» Gilbert écrivait en général des esquisses de ses livrets quelques mois avant une production mais n'écrivait jamais la version définitive avant d’avoir un engagement ferme pour le produire. A tout le moins, un «brouillon de l’intrigue» doit avoir existé avant le 30 octobre, à la lumière d’une lettre à cette date de l’agent de Gilbert à R. M. Field du Boston Museum Theatre où l'on peut lire:

À Noël sera créé au Gaiety Theatre, un nouvel et original Opéra-Bouffe en anglais, par W. S. Gilbert, et Arthur Sullivan. Il devrait être un grand succès — et le sens de ma présente lettre est — avant tout — de vous envoyer (ce jour) un brouillon de la pièce pour votre propre lecture et d’autre part vous demander — si vous assurez la protection de la pièce — de la vendre dans tous les lieux possibles aux États-Unis. Messieurs G & S sont actuellement en plein travail sur ladite pièce.

Gilbert a, en fait, conclu un accord avec Field, et le premier livret publié a mentionné: «Mise en garde aux pirates américains. — Le droit d’auteur des textes et de la musique de cette pièce, pour les États-Unis et le Canada, sont attribué à M. Field, du Boston Museum Theatre, par convention datée du 7 décembre 1871.» Est-ce que Field a mo,té l'oeuvre? On n'en sait rien. Mais les inquiètudes de Gilbert concernat le piratage aux Etats-Unis ne sont qu'un faible présage aux difficultés que lui et Sullivan rencontreront plus tard avec les productions «piratées» non autorisées de The Mikado, H.M.S. Pinafore et leurs autres œuvres populaires. Quoi qu'il en soit, le livret de Thespis été «publié et distribué» à Londres à la mi-décembre.


Création

Avec la pièce devant ouvrir le 26 décembre,Gilbert a lu e livret au casting le 14 décembre, mais Toole, qui jouait le rôle principal de Thespis, n’est pas revenu d’une tournée des provinces britanniques avant le 18 décembre. Il a alors joué dans neuf représentations au Gaiety Theatre dans les six jours qui ont immédiatement suivi son retour. D’autres intervenants avaient des engagements similaires. En plus, Hollingshead avait engagé la compagnie pour jouer une pantomime au The Crystal Palace le 21 décembre, comprenant bon nombre des artistes qui seraient dans Thespis. Enfin, pour encore compliquer les choses, Thespis devait se jouer comme la deuxième pièce d'une même soirée. Elle devait suivre une comédie de H. J. Byron, Dearer than life, qui était jouée par un grand nombre des acteurs de Thespis, y compris Toole et Fred Sullivan. Ils répétaient donc deux pièces en même temps!

Malgré le peu de temps disponible pour les répétitions, Sullivan a rappelé que Gilbert a fortment insisté pour que le chœur joue un rôle majeur dans l'oeuvre, comme il le feront toujours plus tard dans les Savoy-opéras:

Jusqu'à ce que Gilbert ne prenne l'affaire en main, les chœurs ne faisaient pas partie des préoccupations des créateurs et n'étaient pratiquement rien d’autre qu’un élément de décor ou de figuration. C’est avec Thespis que Gilbert a commencé à concrétiser sa volonté expresse que le choeur joue son propre rôle dans le spectacle. Il est difficile d'imaginer qu'à cetté époque, faire jouer au choeur un autre rôle que celui d'une sorte de public placé sur scène, était une véritable révolution. Suite à cette innovation, certains des incidents lors des répétitions de Thespis sont plutôt amusants. Je me souviens que, une fois, une des actrices principales s'est indignée et a dit: «Vraiment, M. Gilbert, pourquoi devrais je me tenir ici? Je ne suis pas une fille de choeur!». Ce à quoi Gilbert a répondu sèchement: «Non, Madame, votre voix n’est pas assez forte, ou sans aucun doute, vous en feriez partie.»

Opening night

La première n'avait pas été assez répétée, comme l’ont souligné plusieurs critiques, et des coupures étaient nécessaires: le Gaiety Theatre avait annoncé que les voitures pouvaient venir chercher les spectateurs à 23:00, mais Thespis se jouait toujours après minuit!!! The Orchestra a indiqué que «seulement un acteur... tenait bien son rôle». The Observer a fait remarquer que «le jeu et la mise en scène, devront être travaillés avant qu'on puisse émettre une critique (...) l’opéra n’était pas prêt». Le Daily Telegraph a suggéré qu'«il vaut mieux, pour de nombreuses raisons, considérer la représentation d'hier soir comme une répétition générale complète (...) Lorsque Thespis se terminera à une heure décente et qu'il aura été vraimet répété, nous y aurons plus de plaisir.»

Certains critiques sont très durs ou expriment leur désarroi. Le Hornet titre sa revue clairement: «Thespis; or, the Gods Grown Old est PÉNIBLE!». Le Morning Advertiser trouvé «un galimatias ennuyeux en deux actes (...) grotesque, sans esprit avec une musique légère, sans vivacité (...) toutefois pas totalement dépourvue de mélodie... Le rideau tombe devant un auditoire baillant et fatigué.» Mais d’autres critiques ont trouvé de nombreuses choses à admirer dans l'oeuvre, malgré la mauvaise représentation lors de l'opening night. Le Times Illustrated a écrit:

C’est terriblement grave pour M. W. S. Gilbert et Arthur Sullivan, coauteurs de Thespis, que leur oeuvre ait été produite de manière aussi baclée et insatisfaisante. Thespis mérite de réussir grâce à ses prpopres qualités - qualité littéraire, qualité humoristique, qualité des chansons; mais la production a paralysé une bonne pièce par un manque de répétitions et une volonté d'imposer un raffinement et un aplomb dont les opéras comiques n'ont aucun besoin. Je dois dire, cependant, que Thespis mérite d'être vu; et maintenant qu'il a été corrigé et attire le public du Gaiety Theatre, il tientdra ses promesses. C’est dommage, en effet, qu’une telle pièce, si riche en humour et si délicate dans la musique, ait été produite pour trouver un public de Boxing-Day (le 26 décembre en Angleterre). Tout aurait été bon pour une telle occasion... Mais, sauf si je me trompe beaucoup, et malgré les sifflets le soir de la première, les ballades et l’humour de M. Gilbert et les jolies mélodies de M. Arthur Sullivan vont sauver Thespis et feront de oeuvre — comme elle le mérite — la plus digne de louanges de cette saison de Noël.

Clement Scott, écrit dans le Daily Telegraph, a exprimé un avis majoritairment favorable:

Peut-être que le public d'un jour férié est peu enclin à plonger dans les mystères de la mythologie et ne se soucie pas de développr l’intelligence nécessaire pour dénouer une intrigue amusante et en aucun cas complexe... Ce qui est certain, toutefois, c'est que l’accueil recueilli par Thespis ne fut pas aussi chaleureux qu'attendu. L’histoire, écrite par M. W. S. Gilbert d'une manière si vivante, est très originale, et la musique composée par M. Arthur Sullivan est très jolie et passionante, que nous avons tendance à être déçu lorsque nous trouvons les applaudissements mous et les rires peu spontanés et surtout lorsqu'éclatent, à la chute du rideau, des cris de désapprobation. Un tel destin n’est certainement pas mérité, et le verdict d’hier soir ne peut être considéré comme définitif. Thespis est trop beau pour être mis sur le côté et trahi de cette façon: et nous prévoyons que des coupures judicieuses et les répétitions continues permettront de juger le spectacle très différemment.

The Observer a commenté: «Nous avons des auteurs et des musiciens aussi talentueux que les français... Le sujet de Thespis est incontestablement drôle... M. Arthur Sullivan a rejoint avec cœur l'esprit comique de M. Gilbert: il l’a égayé avec une musique fantaisiste et délicieuse.»


Représentations suivantes

Beaucoup d'écrivains du début du XXe siècle ont perpétué le mythe que Thespis s’est joué seulement un mois et a été considéré comme un échec. En fait, il s’est joué jusqu'au 8 mars. Des neuf nouvelles pantomimes de Londres créées lors de la période des fêtes 1871–72, cinq ont fermé avant Thespis. Par sa nature-même, le genre ne se prêtait pas aux longues séries, et les neuf avaient fermé à la fin du mois de mars. En outre, le Gaiety Theatre présentait habituellement des productions qui restaient à l’affiche deux ou trois semaines; la série de Thespis peut donc être considérée comme extraordinairement longue pour ce théâtre.

Comme ils le feraient avec tous leurs opéras, Gilbert et Sullivan ont fait des coupes et des modifications après la première représentation. Deux jours après l'ouverture, Sullivan a écrit à sa mère: «J'ai rarement vu quelque chose de si beau en scène. La première a été bien accueillie, mais la musique a été mal interprétée et le chanteur a chanté un demi-ton trop haut, de sorte que l'enthousiasme du public n’est pas venu jusqu’à moi. Hier soir, j'ai coupé la chanson, la musique était parfaite et par conséquent j'ai eu un rappel très enthousiaste à la fin de l'acte II». Le spectacle a atteint un niveau très respectable, et les critiques qui assistèrent plus tard au spectacle étaient beaucoup plus enthousiastes que celles de l’opening night.

Lors de la troisième, le London Figaro pouvait déclarer: «Je dois dire qu’actuellement, il n’y a plus un seul accroc lors de la représentation. Les applaudissements et le plaisir évident des spectateurs de bout en bout le prouvent, la pièce durant deux heures». Le 6 janvier 1872, le Penny Illustrated Paper a commenté que «L’extravaganza de M. Gilbert au Gaiety Theatre a toute la faveur de public, à juste titre». Le 9 janvier, le Daily Telegraph a signalé une visite de son Altesse royale, le duc d'Édimbourg. Le 27 janvier, le Illustrated Times a fait remarquer qu’«Un amateur de théâtre ne réussira pas à trouver une place au Gaiety Theatre... Thespis peut, après tout, se vanter du succès qu’on lui avait prédit». Land and Water a écrit le 3 février que «Thespis est maintenant en parfait état de fonctionnement».

Les représentations de Thespis furent interrompues le 14 février 1872, le mercredi des cendres, les théâtres de Londres s'abstenant de présenter des spectacles en costumes par respect pour la fête religieuse. A la place, un «divertissement varié» a été présenté au Gaiety, comprenant des ventriloques, des numéros avec des chiens et, par pure coïncidence, un sketch parodiant le jeune acteur George Grossmith, qui, quelques années plus tard, deviendra le comédien principal de Gilbert et Sullivan.

Le 17 février, Henry Sutherland Edwards a écrit dans Musical World: «Dans presque toute conjonction de musique et de mots, il y a un sacrifice de l'un à l'autre; mais dans Thespis de bonnes occasions ont été données à la musique; et la musique magnifie le texte». Des commentaires similaires ont continué à paraître jusqu’au début mars, fermeture de Thespis.

Mlle. Clary, la Sparkeion originale, au profit de qui fut donnée la dernière représentation de Thespis

La dernière représentation – qui sera aussi la dernière à laquelle les auteurs assisteront, le spectacle n’ayant jamais été repris de leur vivant – a eu lieu deux mois plus tard, le 27 avril, à une matinée au profit de Mlle Clary, la Sparkeion originale. Normalement, dans ce genre de circonstance, l’artiste choisit un spectacle qui a beaucoup de chances de bien se vendre, puisque les recettes lui seront reversées (diminuées des dépenses bien sûr), et que les billets sont généralement proposés à des prix «gonflés». L'actrice était une des stars du Gaiety Theatre, «non seulement grâce à sa voix mais aussi grâce à son délicieux accent français et, bien sûr, sa beauté». Certains parlaient «du charme de Mlle Clary, avec son joli visage et son magnifique anglais approximatif». Elle avait été magnifique comme Sparkeion, et sa chanson de l'acte II, Little Maid of Arcadee, est la seule qui ait été publiée.


Par après

Après la production de Thespis, Gilbert et Sullivan se sont séparés, ne se réunissant que trois ans plus tard, avec Richard d'Oyly Carte comme manager, pour produire Trial by Jury en 1875. Lorsque cette œuvre a été un succès inattendu, des discussions eurent rapidement lieu envisageant une reprise de Thespis pour les fêtes de Noël 1875. Gilbert a écrit à Sullivan:

«They seem very anxious to have it and wanted me to name definite terms. Of course I couldn't answer for you, but they pressed me so much to give them an idea of what our terms would be likely to be that I suggested that possibly we might be disposed to accept two guineas a night each with a guarantee of 100 nights minimum. Does this meet your views, & if so, could you get it done in time. I am going to re-write a considerable portion of the dialogue».

Ainger, Michael (2002). Gilbert and Sullivan – A Dual Biography. Oxford: Oxford University Press.

La reprise proposée a été mentionnée dans plusieurs autres lettres tout au long de l'automne 1875, jusqu'à ce que le 23 novembre, Gilbert écrive: «Je n'ai plus rien entendu au sujet de Thespis. Il est surprenant de voir la vitesse à laquelle ces capitalistes se tarissent sous l'influence magique du mot ‘acompte’». En 1895, Richard d'Oyly Carte se battant pour retrouver un succès au Savoy Theatre, Gilbert lui a une nouvelle fois proposé une reprise de Thespis, mais l'idée n'a pas été suivie. Aucune trace de la musique de Thespis n'existe plus depuis 1897, et des chercheurs ont inspecté de très nombreuses collections existantes. A l'exception de deux chansons et des musiques de ballet, la partition est considérée aujourd’hui comme perdue.

On n’a aucune bonne raison expliquant cette absence de reprise de Thespis. Certains commentateurs spéculent que Sullivan a utilisé la musique dans ses autres opéras. Si cela était vrai, cela permettrait de justifier pourquoi une reprise a été impossible. Mais on n’a aucune preuve que Sullivan l'ai fait. Une autre explication possible est que Gilbert et Sullivan en sont venu à penser que Thespis – avec ses filles en collants et jupes courtes mais aussi tout cet humour burlesque – était le genre de spectacle qu'ils souhaitaient maintenant éviter. Ils ont plus tard renoncé aux rôles travestis et aux robes révélant trop les formes de leurs actrices. Ils ont fait publiquement connaître leur désapprobation de ce genre. En 1885, Hollingshead a écrit à la Pall Mall Gazette: «M. Gilbert est un peu sévère au sujet du burlesque, genre qu'il participa beaucoup à populariser dans l'ancien temps avant qu'il invente ce que je peux appeler le burlesque en vêtements longs. (…) M. Gilbert jamais ne s'est opposé aux robes de Robert the Devil ni aux robes de Thespis».

En 1879, Sullivan, Gilbert et Carte étaient au milieu d'une bataille juridique avec les anciens directeurs de la Comedy Opera Company, qui avait produit H.M.S. Pinafore. Sullivan a écrit à Hollingshead:

«You once settled a precedent for me which may just at present be of great importance to me. I asked you for the band parts of the Merry Wives of Windsor... and [you] said, 'They are yours, as our run is over....' Now will you please let me have them, and the parts of Thespis also at once. I am detaining the parts of Pinafore, so that the directors shall not take them away from the Comique tomorrow, and I base my claim on the precedent you set.»

Rees, Terence (1964). Thespis – A Gilbert & Sullivan Enigma. London: Dillon's University Bookshop.


Productions modernes

Après la dernière représentation au Gaiety Theatre en 1872, Thespis semble ne plus avoir été joué avant 1953, bien qu'une tentative de «reconstruction» dans les années 1940 ait été découverte. Tillett et Spencer, qui ont redécouvert la musique du ballet, identifient une vingtaine de reconstructions distinctes de Thespis entre 1953 et 2002. Environ la moitié d'entre elles utilisent de la musique empruntée à d'autres œuvres de Sullivan; les autres utilisent une nouvelle musique pour tout, à l’exception des chansons dont on a encore la partition, et certains-même re-composent aussi ces chansons-là. Aucune version n'a été véritablement mémorable.

L’historien du théâtre Terence Rees a développé une version du livret qui cherche à corriger les nombreuses erreurs du livret «survivant». Rees a aussi réalisé une version, basée sur le livret, qui comprenait quelques paroles interpolées d'opéras de Gilbert (mais pas de Sullivan) dans le but de remplacer les chansons manquantes. Une partition a été fournie par Garth Morton, basée sur la musique d’opéras moins connus de Sullivan, et cette version a été enregistrée. Une autre version avec une partition de Bruce Montgomery a été montée à plusieurs reprises, notamment en 2000 à l’International Gilbert and Sullivan Festival. En 1996, une version avec une nouvelle musique de Quade Winter a été produite par l’Ohio Light Opera.

 

Détails

Liste des chansons

Acte I
"Throughout the night, the constellations" (Women's Chorus, with Solo) *
"Oh, I'm the celestial drudge" (Mercury) *
"Oh incident unprecedented" (Mercury, Mars, Apollo, Diana, and Jupiter) *
"Here far away from all the world" (Sparkeion and Nicemis) *
"Climbing over rocky mountain" (Chorus with Solos)
Picnic Waltz *
"I once knew a chap who discharged a function" (Thespis) *
Act I Finale: "So that's arranged – you take my place, my boy" (Ensemble) *

Acte II
"Of all symposia" (Sillimon and Chorus) *
"Little maid of Arcadee" (Sparkeion)
"Olympus is now in a terrible muddle" (Mercury) *
"You're Diana. I'm Apollo" (Sparkeion, Daphne, Nicemis and Thespis) *
"Oh rage and fury, Oh shame and sorrow" (Jupiter, Apollo, and Mars) *
Act II Finale: "We can't stand this" (Ensemble) *

* Perdu - Seules deux chansons existent encore aujourd'hui

Liste des rôles

Dieux
Jupiter
Apollo
Mars
Diana
Venus
Mercury

Habitants de Thespis
Thespis, Chef de la troupe Travelling Theatrical Co.
Sillimon, son Stage Manager
Timidon
Tipseion
Preposteros
Stupidas
Sparkeion
Nicemis
Pretteia
Daphne
Cymon

Textes disponibles on-line

Aucun livret ou texte de chanson disponibles pour le moment

Pour en savoir plus

Analyse

  01. Plus qu'un burlesque classique 

 

Versions du musical

Versions majeures de Thespis

Mais aussi, quelques versions régionales ou mineures, ... de Thespis

 

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Principaux CD du musical



Liste détaillée des principaux CD

 

Captations du musical